L’Amoureux

Interprétation ésotérique de l’arcane VI : l’Amoureux

5 est le nombre du microcosme, l’homme en tant qu’individu, 6 est le nombre du macrocosme, l’humanité-une. L’étoile à 6 branches en est le symbole, indiquant le point de rencontre entre l’esprit et la matière ainsi que l’état critique d’une recherche d’équilibre dynamique que cela engendre.

Le sens communément attribué à l’Amoureux, et qui figure dans tous les types de cours de Tarot, est celui du choix. Cette analyse s’appuie sur l’hésitation apparente du personnage central entre deux directions : à gauche de la carte une femme couronnée symbolise le pouvoir et la force d’attraction du passé, à droite, une jeune femme qui lui ressemble représente l’appel de l’âme, du cœur, vers son devenir. Mais il ne s’agit pas tant d’un choix dans le sens où l’on pourrait se déterminer autant pour une direction que pour l’autre, les deux menant à une conclusion heureuse. L’Ange dans les nuées, l’âme sur son propre niveau éthéré d’existence, pointe sa flèche dans la seule direction possible : « deviens ce que tu Es », le Soi.

L’arcane majeur l’Amoureux représente donc avant tout un état de crise : on sait qu’il nous faut faire un pas en avant vers un inconnu qui nous appelle, mais le connu rend l’arrachement difficile, car il représente une forme de sécurité, comme l’indique le dicton populaire : « on sait ce que l’on quitte, mais on ne sait pas ce que l’on va trouver ». Crise signifie étymologiquement « décision » et c’est bien à une décision que nous convie l’Amoureux, de laquelle va dépendre un accomplissement promis (la valeur secrète de 6 = 21, le Monde) ou des difficultés renouvelées, signifiés par l’arcane XV, le Diable (5+1=6).

Les arcanes mineurs du nombre 6

Cette série des arcanes mineurs, quel que soit son élément, indique toujours un état de tension ou de crise, de l’ordre de l’élément en question.

Le 6 de Bâton évoque un écartèlement, une tension énergétique, un trop plein de quelque chose, peut-être trop d’avidité, de désir, trop de volonté de pouvoir qui ne rencontre pas son but ; il reste suspendu.

Le 6 de Coupe indique un alignement corps-âme-esprit, il nous donne la clé de l’attitude juste qui permet de sortir d’une crise, de la traverser : par le non-agir (qui n’est pas passivité), l’ouverture d’esprit et de cœur, et la confiance que toute crise porte en elle sa bénédiction, c’est-à-dire qu’elle a un sens, qu’elle veut nous mener quelque part. le 6 de Coupe nous parle de guérison ; dans certains cas il peut indiquer un don de guérison, c’est l’arcane du thérapeute.

Le 6 d’Epée nous parle d’une crise au niveau mental, intellectuel. Deux discours d’intensité égale mais antinomiques créent une sorte de vide dans notre conscience, silence intérieur nécessaire à l’éclosion de la fleur de la conscience.

Dans le 6 de Denier il y a un aspect enfermant, comme si le moi refusait d’être à l’écoute de l’âme, étouffée par l’aspect matériel de la vie. Le conflit est latent, car on ne peut en rester au statu quo. Ce peut être une assise nécessaire un court instant, un temps d’ arrêt avant l’action, mais il reste porteur de tension.

Analogie avec le signe astrologique de la Vierge

L’affirmation de soi arrogante du Lion cède la place à la critique de soi et à la mise en question dans la Vierge. L’obsession de la perfection et l’angoisse qui en découlent, caractéristiques de la Vierge, ont leurs racines dans l’intuition de la véritable destinée de l’homme. Ce pressentiment oriente la Vierge vers le service d’un idéal qui cependant lui échappe toujours, la laissant dans une douloureuse et lancinante interrogation.

Exercice de visualisation : l’Amoureux ou la croisée des chemins

Installez-vous confortablement. Faites quelques respirations lentes en évacuant tout souci, toute préoccupation, pour être entièrement disponible à l’exercice.

Vous marchez sur un chemin ensoleillé, dans un paysage que vous aimez.

Vous vous sentez bien, appréciant la douce chaleur des rayons du soleil sur votre peau, respirant les parfums de la nature, des fleurs au bord du chemin.
Soudain, le soleil se voile, il fait sombre comme lors d’une éclipse. Lorsque la lumière revient, vous vous trouvez devant un étrange carrefour : à gauche, une large route mène dans une vallée verdoyante ; à droite, un sentier grimpe dans une montagne rocailleuse, la pente est ardue ; droit devant vous, une brume voile le chemin, vous ne pouvez pas le distinguer, et une sorte de vide semble l’entourer…

Vers où allez-vous ? Qu’y trouvez-vous ? Comment vous sentez-vous ?

Notez vos impressions.

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