Les Honneurs

Les Honneurs sont des « archétypes » très peu approfondis dans les cours de Tarot divinatoire où ils représentent juste des personnes de sexe féminin ou masculin de divers âges. Ils font partie de la série des arcanes mineurs, composée des 10 nombres déclinés en 4 éléments et des 16 Honneurs. Nous aborderons ici les Honneurs sous le même angle que les 22 arcanes majeurs, que nous avons longuement analysés sous un angle ésotérique ou de développement psycho-spirituel.

Résumé de la signification des 16 Honneurs

Les Valets

Un Valet est comme la graine qui aspire à devenir fleur, c’est l’aspirant, l’apprenti, le serviteur de l’idéal. Dans un tirage il peut représenter un enfant, un état d’innocence, un projet à son début, l’élan vers quelque chose.

Le Valet de Bâton est l’image même d’Hercule, alors qu’il vient de s’emparer de son bâton pour se préparer à affronter les « 12 travaux ». Ce Valet se prépare à l’action avec détermination, il est tendu vers le but, mais il ne sait pas encore très bien ce qui l’attend.

Le Valet de Coupe représente l’élan du cœur.

Le Valet d’Epée manie l’outil du mental avec aisance, il va à la rencontre de l’inspiration, de l’intuition. Il ne laisse pas son mental au fourreau !

Le Valet de Denier nous dit : « ce qui est en haut est comme ce qui est en bas » (voir les positions des deux deniers), il représente un certain alignement, il sait être à l’écoute de son âme. C’est l’idéaliste.

Les Cavaliers

Ils représentent une mise en mouvement, quelque chose qui est en train de s’accomplir. Ce n’est plus le temps de la réflexion, mais de l’action et cette action doit être menée avec constance et maîtrise.

Les Cavaliers peuvent aussi indiquer quelque chose qui vient à nous, un événement de destinée ou karmique, selon le terme que l’on préfère.

Ils seront approfondis plus loin, sous l’angle des archétypes et de la mythologie du Graal.

Les Reynes

Les Reines ou Reynes symbolisent la vie intérieure, l’aspect « mère ». Dans un tirage elles peuvent représenter une femme, la mère, une amie, un parent.

La Reine de Bâton dispose d’un grand pouvoir intérieur. Il émane d’elle un magnétisme et une autorité naturelle. Elle est très indépendante.

La Reine de Coupe incarne d’une façon très pure le principe de l’Amour, elle en révèle la véritable nature par le biais de son épée blanche et de sa coupe fermée : l’amour véritable est « compréhension aimante », il implique la tête autant que le cœur, il est l’intelligence du cœur.

La Reine d’Epée symbolise la gestation des idées, qu’elle exprimera avec beaucoup de conviction. Elle défend ses idées avec la force de l’engagement.

La Reine de Denier représente la Mère. Elle donne ou ne donne pas, incarnant tantôt la « bonne mère », ou la « mauvaise mère ».

Les Rois

Les Rois ont, selon leur élément, un sens très proche de celle des Reynes, en version masculine.

Nous les approfondirons surtout sous l’angle de leur signification spirituelle.

Les Rois représentent des stades sur la voie de la réalisation, ils indiquent une certaine maîtrise (ou l’absence de maîtrise si la carte est renversée ou couchée). Les Rois dominent leur élément. Ils peuvent correspondre, analogiquement, à un âge de la vie.

Le Roi de Bâton : Son bâton est imposant, mais il pointe sur son talon qui risque fort d’être son talon d’Achille ! Le losange jaune sur son ventre met l’accent sur le plexus solaire et sa double fonction : ce centre d’énergie nourrit la vie de désir et des émotions, mais lorsque survient dans la carrière de l’âme incarnée le moment de la « réorientation », ce centre transforme l’énergie du désir en aspiration spirituelle et l’élève jusqu’au centre du cœur.

Le Roi de Bâton a développé un ego fort, il se met en avant et va de l’avant. Sa puissance de réalisation est grande, sa force stimule les autres. Cette étape correspond à l’affirmation de soi de la trentaine, étape indispensable à une future réalisation spirituelle. C’est le stade de l’accumulation de la force par l’exercice du pouvoir.

Le Roi d’Epée : Sur ses épaules le double visage de Janus indique qu’il a trouvé la « voie du milieu », son mental illuminé voit au-delà de toutes les formes de dualité. Son trône est imposant et sa présence est rayonnante (une radiation jaune sort de son chapeau).

Le Roi d’Epée « sait », mais il lui manque l’empathie du cœur pour pouvoir communiquer sa connaissance avec sagesse. Il a encore besoin d’être vu et reconnu. Cette étape correspond au rayonnement de la personnalité accomplie de la quarantaine. On jouit de son intelligence et de sa réussite.

Le Roi de Coupe : Son trône est moins visible, son vêtement plus modeste que ceux des Rois précédents, son chapeau est en train de se refermer sur une riche couronne : la vie intérieure (riche) l’emporte sur le besoin de paraître. C’est l’homme de cœur, de compassion. Dans la « Quête du Graal », il représente le Roi Pêcheur qui souffrait de l’échec des Chevaliers à s’emparer du Graal, comme le Christ souffre de l’échec de ses disciples. C’est le bon père, le guide bienveillant.

Il correspond à l’âge de la cinquantaine quand le don de soi pour le bien d’autrui commence à être plus important que sa propre réalisation.

Le Roi de Denier : Son chapeau s’est entièrement refermé sur la couronne de sa réalisation : plus aucun signe extérieur ne le distingue, il a mis sa lumière « sous le boisseau ». Son trône est un siège modeste tenu sur deux pieds seulement, les deux autres constituant ses propres jambes : le Roi de Denier n’est plus « assis par son pouvoir », il « trône » là où il est, humblement et dans le détachement le plus complet. Aucune marque extérieure ne le distinguant, il ne pourra être reconnu que par ceux qui « auront des yeux pour voir et des oreilles pour entendre », c’est-à-dire par ceux dont le cœur renfermera, potentiellement au moins, des qualités semblables aux siennes. C’est le véritable Maître.

Il correspond analogiquement à la soixantaine quand, après une vie bien remplie, l’homme ne se consacre plus qu’à l’essentiel.

Les Cavaliers sous l’angle ésotérique – spirituel

Les Cavaliers représentent cette partie noble de nous-mêmes, l’âme incarnée, qui aspire à plus de lumière, qui nous met sans cesse en mouvement vers un « mieux », même si nous ne sommes pas forcément conscients de cette dynamique. Sous leur aspect le plus élevé, les Cavaliers deviennent les chevaliers de la « Quête du Graal », quatre principes en action dans la quête du Soi. Le Cavalier est un conquérant, il ouvre les voies et détruit les obstacles.
Le Cavalier de Coupe. Lancelot, dans la « Quête du Graal ».

Il représente l’élan du cœur vers l’objet de l’amour. Mais le cheval du Cavalier de Coupe, par son apparence, évoque une certaine fragilité, comme celle de notre vie émotionnelle à la sensibilité vite blessée. Dans cette grande coupe qu’il offre, le Cavalier attend autant d’amour en retour qu’il en donne, car il est encore victime d’une illusion fondamentale : celle de trouver sa propre complétude, son unité, dans l’amour de l’Autre. C’est le « complexe de Lancelot ». Dans le mythe, au moment où la fille du Roi Pêcheur s’apprête à lui tendre le Graal, elle prend l’apparence de la Reine Guenièvre. Eperdu d’amour pour Guenièvre, Lancelot ne s’aperçoit pas que le Graal lui est offert, il n’a d’yeux que pour sa bien-aimée. Ainsi, tous les efforts de sa quête se trouvent anéantis par son aveuglement. L’amour humain lui a fermé la porte de l’amour christique. Et pourtant, ce sont des amours de Lancelot et de la Reine Guenièvre que naîtra Galaad, le chevalier parfait.

Le mirage de l’amour humain en tant que porteur de notre guérison spirituelle est une étape nécessaire sur le chemin, qui conduit jusqu’à un certain seuil. Pour aller plus loin, il faut l’intervention du Cavalier d’Epée.

Le Cavalier d’Epée. Perceval, dans la « Quête du Graal ». Tout dans cet arcane suggère la puissance et la maîtrise. Il s’agit du pouvoir du mental supérieur, intuitif (l’épée est blanche), qui fend de sa lame aiguisée tous les voiles de l’illusion. Le Cavalier d’Epée en nous opère les nécessaires détachements sur la voie grâce à une perception innée de ce qui est juste.

Des 4 Cavaliers, celui de l’Epée et de la Coupe cheminent dans la même direction, ils ne peuvent se passer l’un de l’autre : le cœur peut s’égarer sans la lumière du mental, de même que le mental peut devenir rigide et fanatique sans la sensibilité du cœur.

Le Cavalier de Bâton. Galaad, dans la « quête du Graal ». Son cheval est blanc, la nature instinctive purifiée est devenue reflet de l’âme. Un tissu couleur chair le recouvrant indique que l’âme reste toujours liée à l’incarnation. Le Cavalier de Bâton représente l’Ame, le Graal et lui sont un. Il est l’idéal auquel tout le monde aspire, même si, dans un premier temps, la conscience donne d’autres noms ou d’autres formes à cet idéal. Le Cavalier ne se dirige pas dans une direction précise avec sa monture, il est en train de se retourner. C’est le fameux « retournement » dont il est question dans toutes les traditions mystiques, qui survient lorsque la personnalité en quête réussit à établir un premier contact authentique conscient avec le Soi, l’Ame. Alors, tous les désirs tournés jusque-là vers les objets du monde sont réorientés dans une direction unique : l’union avec le divin.

Le Cavalier de Denier. Gauvain, dans la « Quête du Graal ». C’est le cavalier le plus ancré dans le quotidien, il met en pratique les qualités conquises par les trois autres. Son cheval avance au pas : la réalisation sur le plan physique doit se faire avec mesure, régularité et persévérance. Le cavalier est concentré sur son but (il fixe du regard le Denier), le bâton qu’il tient dans sa main droite signe sa puissance et sa détermination à accomplir. Le Cavalier de Denier est le messager d’une importante leçon : rien de ce qui a été gagné en compréhension, en développement de la sensibilité, aucune illumination ou expansion de la conscience n’est définitivement acquise à l’âme qui expérimente l’incarnation que si ces accomplissements se traduisent en réalisation concrète sur le plan physique. « Vous reconnaîtrez l’arbre à ses fruits »…

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