Le doute est nécessaire à l’éveil

Douter, dans son sens constructif, c’est mettre en question toutes les informations qui se présentent à nous, qu’elles nous parviennent par le biais des sens ou de l’intellect. Tous les chercheurs de vérité, philosophes ou sages, ont pratiqué le doute méthodique (exercé avec discernement) dans leur cheminement vers la connaissance.

Mais il existe aussi une version négative, destructrice du doute, telle que l’a théorisée Descartes et dont nous sommes, en France, les héritiers, comme le sont toutes les sociétés qui valorisent l’intellectualisme. Descartes était certes un grand adepte du doute méthodique, mais il affirmait que seul l’intellect ou la raison pouvait distinguer le vrai du faux et que les autres sens étaient nécessairement trompeurs. Or l’intellect a ses limites, il tourne en rond dans le connu, comme dirait Krisnamurti. Pour s’élancer dans l’inconnu il faut d’autres sens, encore ésotériques pour nous, qui se développent dans la pratique de la méditation et que l’on peut traduire par vision ou perception intérieure.

penseurPour le sage, le principal organe de perception intérieure est le cœur (une sorte de mental supérieur qui inclut l’amour), l’intellect se contentant de jouer le rôle de l’interprète de la connaissance saisie par le cœur. On peut douter de la justesse de l’interprétation de l’intellect – et ainsi tendre toujours vers une meilleure compréhension, donc rester en éveil – mais mettre en doute la perception du cœur serait comme scier la branche sur laquelle on est assis, un acte proprement insensé.

Bien sûr, les sens peuvent aussi nous jouer des tours. Rûmi, un grand sage soufi, disait aux méditants : « si tu vois un ange, pisse-lui dessus ». Lorsque la méditation nous conduit à un état trop passif, toutes sortes de phénomènes peuvent nous surprendre, qui émanent d’un plan subtil encore trop proche du monde ordinaire et qui est sans valeur spirituelle.

Le doute méthodique a son utilité à tous les étages de nos perceptions. Il empêche toute adhésion passive à des situations ou à des idées et en cela nous maintient en éveil.

Publié le : 18/06/2014

Haut de page

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *