Peut-on renoncer à la propriété ?

Nous vivons sous le joug de l’idéologie de la propriété. Pour s’en rendre compte, il suffit d’avoir l’idée saugrenue de défier la société de consommation en choisissant de construire une cabane là où la nature nous y invite pour y mener une vie simple loin des contraintes du système. Ce serait vraiment une idée saugrenue car totalement irréalisable : aujourd’hui, dans la plupart des pays occidentaux, la moindre parcelle de terre est la propriété de quelqu’un, particulier ou Etat.

Non seulement la surface de la terre, mais absolument tout a son propriétaire : la pensée (propriété intellectuelle), les inventions/découvertes (brevets), dans une certaine mesure l’air que l’on respire puisqu’il est possible, pour les gros pollueurs, d’acheter un permis de polluer, et même l’espace comme le revendiquent certaines compagnies spatiales privées américaines qui demandent le droit de devenir propriétaires de parcelles de planètes où de lunes qu’elles sont destinées à explorer, dans le perspective d’y construire dans le futur des édifices comme sur la terre.

human-567563_1280Propriété et développement du marché sont deux notions indissociables, poussés à l’extrême aujourd’hui avec la possibilité de breveter même le vivant – c’est-à-dire de devenir propriétaire exclusif, par exemple, d’une semence. Dans ces cas de figure, il est légitime de dire avec Marx que la propriété est un vol. L’économiste atterré Benjamin Coriat montre qu’aujourd’hui l’idéologie propriétaire est en crise, car dans tous les domaines nous assistons à « un retour des communs ». Un « commun » est une ressource partagée (comme par exemple Wikipédia ou les monnaies alternatives), gérés par les membres participants qui fixent ensemble les règles, pratiques qui étaient courantes avant l’ère industrielle.

Toujours selon Coriat, le renouveau des communs pourrait représenter une alternative à la marchandisation du monde (capitalisme) et une issue à l‘impasse du communisme, une sorte de troisième voie qui regrouperait le meilleur des deux. Car bien sûr on ne pourrait se passer de toutes les formes de possessions, chacun devant disposer de ce qui lui est nécessaire pour pouvoir exprimer la totalité de son être.

Publié le : 08/07/2015

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