Sans vision, le peuple périt

Les attentats contre Charlie Hebdo et un supermarché casher continuent à susciter de nombreux débats. Ces assassinats ont secoué les consciences non seulement parce qu’un symbole essentiel des valeurs occidentales a été visé – la liberté -, mais parce qu’ils ont amené en pleine lumière une menace latente, souterraine, un « monstre » qui peut frapper aveuglément, n’importe quand et n’importe qui.

Pourquoi notre société a produit un tel abcès, alors qu’elle fait partie des plus prospères du monde – même un pauvre en France est aisé comparé aux pauvres des pays émergeants. La réponse ne saurait être simple, tant les causes semblent multifactorielles et reposent toujours, en dernière analyse, sur un facteur psychologique individuel. Mais on ne peut nier qu’il s’agit avant tout d’un problème religieux, c’est-à-dire de ce qui relie une communauté à la fois entre elle et à une transcendance commune.

La France a un problème avec son interprétation de la laïcité, qu’elle brandit comme un bouclier devant la projection d’une supposée menace islamiste. Mais si la France est le pays occidental qui compte le star-364184_1280plus grand nombre de candidats au jihad, elle est aussi le plus grand consommateur d’anxiolytiques et autres antidépresseurs, et réputée pour être la nation la plus pessimiste du monde. Le mal intérieur dont elle souffre dépasse le problème représenté par une minorité qui lui sert d’exutoire. La France souffre d’un mal-être existentiel, d’un manque profond de vision, de sens.

Pour vivre une vie pleinement humaine et épanouie nous avons besoin de lui donner un sens, dans la double acception de ce mot : une signification et une direction. Autrefois la religion jouait ce rôle, puis elle a été remplacée par la notion de progrès, paradigme qui s’est délité à son tour avec le constat que nous avons atteint les limites dans notre exploitation des ressources de la planète. A présent, il nous faut trouver une nouvelle Etoile vers laquelle tous les regards peuvent se tourner, vers laquelle nous pouvons tous marcher, main dans la main, et non pas l’un contre l’autre.

 

Publié le : 04/02/2015

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