L’altruisme, un antidote à la dépression

La dépression, aujourd’hui considérée comme une maladie à part entière lorsqu’elle est installée dans la durée – alors qu’elle garde tout son mystère pour la médecine – est un mal qui frappe surtout les pays industrialisés et sécularisés. Comme son nom l’indique, la dépression constitue un abaissement de l’énergie vitale qui conduit à un état d’abattement, de découragement et de tristesse. Autrefois appelée mélancolie, elle était cultivée par les préromantiques qui en appréciaient le côté rêverie désenchantée, mais douce. « La mélancolie, c’est le bonheur d’être triste » disait Victor Hugo dans les Travailleurs de la mer. Pour les romantiques, cette version positive de la mélancolie était surtout une manière de retirer l’énergie psychique des préoccupations extérieures, mondaines, pour la réorienter vers l’intérieur et renouer avec l’âme des choses.

Mais pour nos contemporains, la dépression, même légère, prend rarement le visage d’une tristesse heureuse. Car si l’énergie psychique opère le même mouvement de retour sur soi, ce n’est pas une intériorité qui ouvre sur l’infini, ni même qui y aspire, mais fermée sur elle-même dans le carcan universe-1044107_1280étroit d’un ego sclérosé. Quels que soient les facteurs qui nous ont conduits à cette situation –un burn out professionnel, une insatisfaction profonde de nos conditions de vie, une déception jugée insurmontable, etc.- nous l’entretenons en ressassant les causes de notre insatisfaction ou en nous laissant glisser dans une sorte de léthargie anesthésiante, réactions qui ne font qu’aggraver l’effondrement de notre vitalité.

« L’homme qui se regarde ne peut que sombrer dans la mélancolie, mais dès qu’il ouvre les yeux sur la création autour de lui, il connaîtra la joie » affirmait le fondateur du hassidisme (courant mystique juif du 18e siècle). Christophe André, psychanalyste et enseignant de la méditation de pleine conscience va dans le même sens : « L’avenir de l’estime de soi, c’est l’oubli de soi ! Pas l’abandon ni le mépris, l’oubli : après avoir pris soin de soi avec tendresse et respect, se tourner vers les autres et le monde qui nous entoure. » Dans cette vaste « création », chacun de nous peut trouver une porte qui s’ouvre sur l’altérité et la franchir pour permettre à l’énergie de circuler comme un baume guérisseur sur tout ce qui respire.

Publié le : 27/01/2016

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