A qui sait attendre, le temps ouvre ses portes

Au-delà de son sens premier d’un encouragement à la patience, cette maxime est révélatrice d’une pensée synchronistique qui caractérise la pensée orientale, par opposition à la pensée causale propre à nos sociétés occidentales, pour qui tout effet –par exemple un événement attendu – a nécessairement une cause – une action déclencheuse.

La pensée causale, qui nous est familière, s’articule d’une manière linéaire le long d’un axe passé-présent-futur, virevoltant sans cesse entre la cause et l’effet et vice et versa. Tandis que la pensée synchronistique se déploie au sein d’une sphère qui englobe le « ciel et la terre » dans la représentation chinoise, c’est-à-dire la dimension subjective et objective, psychique et physique de la vie. Selon elle, des évènements corrélés ont lieu simultanément dans des dimensions ou espaces différents. L’occident rejoint dans une certaine mesure cette vision dans la reconnaissance de la psychosomatique (interaction du corps et de l’esprit).

zz-tunisiandoorAujourd’hui, l’approche de la physique quantique –qui soupçonne d’innombrables multivers sans encore pouvoir le prouver formellement – se rapproche des grands textes de la philosophie orientale pour qui notre univers tangible n’est qu’une strate dans l’immense millefeuille cosmique. Ainsi, lorsque tel événement se produit dans nos petites vies, que se passe-t-il dans le même temps dans l’un ou l’autre des multivers et où se trouvent la cause et l’effet ?

Espérant un événement à venir, un esprit occidental va déployer toutes sortes de stratégies et d’actions pour le faire advenir, quitte à perdre beaucoup d’énergie en procédant par une succession d’essais/erreurs ; un esprit oriental, lui, y répondra par le non-agir, une attitude qui n’est pas synonyme de passivité mais tranquille réceptivité à la sphère des possibles, laquelle lui soufflera si besoin l’action juste au moment opportun. Les deux ont les mêmes chances de parvenir au but, bien que par des chemins différents. Mais en cas d’échec, l’occidental se sentira personnellement responsable ou victime, tandis que pour l’oriental les temps n’étaient pas mûrs pour ce même événement.

Publié le : 15/10/2014

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