Nous transmettons ce que nous sommes

Nous sommes des êtres de communication. Nous partageons sans cesse des informations sur ce que nous venons d’apprendre ou de comprendre. De ce fait, nous sommes tous des transmetteurs ou des enseignants les uns pour les autres, aujourd’hui plus que jamais où les sources du savoir sont aisément accessibles et les possibilités de diffusion exponentielles. Mais ce que nous communiquons va généralement au-delà du savoir, de l’information pure. C’est notre compréhension, c’est-à-dire la manière dont nous avons personnellement intégré le savoir que nous désirons partager.

De même, les penseurs qui ont un impact sur un public ne communiquent pas qu’un simple savoir, mais révèlent avant tout leur propre monde intérieur, l’amplitude ou les limites de leur espace mental que chacun peut percevoir ou non en fonction de son propre développement. Mais celui qui est dans une intention sincère d’aider autrui à travers un enseignement peut être trompé quant aux possibilités de réception de celui-ci, s’il méconnait ces différences individuelles.

IMG_4693 copyAinsi, le philosophe et sage indien Krishnamurti, dont le charisme attirait un large public lors de ses conférences, se demandait au terme de sa vie s’il avait réellement pu aider une seule personne. Il prônait une totale liberté intérieure, sans croyances ni dogmes, qui permettrait de percevoir, dans une sorte de clair-voyance fulgurante, la Vie dans toute sa plénitude. Reniant les enseignements qui l’avaient lui-même nourri et aidé à devenir ce qu’il était, il avait oublié que les croyances et les dogmes étaient des marches-pieds nécessaires sur le long chemin vers la liberté et que peu de personnes pouvaient réellement accomplir ce qu’il tentait de communiquer.

Parce que nous ne pouvons transmettre que ce que nous sommes –quelle que soit la qualité de notre conscience -, nous ne pouvons aider que ceux qui sont proches de notre compréhension. Loin de nous décourager, ce constat devrait nous inciter à l’humilité et au détachement : même si nous n’avions aidé qu’une seule personne dans notre vie, cela aura eu du sens.

Publié le : 12/11/2014

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