Après le mariage pour tous, le mariage pour vraiment tous

Loin d’avoir tari les revendications d’une reconnaissance sociale des unions non conventionnelles – c’est-à-dire non conformes au modèle dominant de la famille, issu de la bourgeoisie du 19e siècle – la loi validant le mariage pour tous, satisfaisant surtout les couples homosexuels, a ouvert de nouvelles brèches susceptibles de donner un coup d’accélérateur aux mutations sociétales en cours.

En effet, de plus en plus de voix s’élèvent pour réclamer une liberté totale dans les relations interpersonnelles et dans la manière de nouer des alliances. D’aucuns défendent un contrat de mariage à durée déterminée, renouvelable ou non, pour échapper aux lourdeurs administratives et au coût financier d’un divorce, mais peut-être aussi au coût émotionnel d’une séparation (on y serait en quelque sorte préparé au moment de imagebase8_31l’engagement … ?). D’autres, comme Marcela Iacub dont nous avons déjà parlé, prônent la polygamie, autant pour les femmes que pour les hommes. Selon le philosophe Ruwen Ogien, qui parle plutôt de polyamour, « on peut aimer plusieurs personnes en même temps avec la même intensité ». Enfin il y a ceux qui demandent simplement que la société cesse de dévaloriser le célibat choisi, qui peut représenter une voie de réalisation au même titre que d’autres choix de vie.

Les homosexuels n’ont pas attendu la loi sur le mariage pour tous pour vivre en couple. De même, des alliances et des modes de vie hors des normes instituées par la modernité existent depuis longtemps. Ce que revendiquent avant tout ces libertaires, c’est que la société cesse de les stigmatiser, car la tolérance n’est pas l’acceptation. S’arcbouter sur les valeurs du passé est une forme de fanatisme, et il n’y a ni intelligence ni amour dans le fanatisme, seulement de la peur et du repli sur soi. Les notions de bien et de mal évoluent – comme toute chose – avec le développement de la conscience. Laissons l’amour nous montrer le chemin.

Publié le : 19/11/2014

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